Lutte contre le terrorisme : le Togo appelle à soutenir les efforts des pays de l’AES
Par Rédaction Tjikan ·
La lutte contre le terrorisme menée par le Burkina Faso, le Mali et le Niger dépasse les frontières de l’espace de la Confédération des États du Sahel (AES). En marge de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a estimé que les efforts sécuritaires des trois États sahéliens constituent également un rempart pour l’ensemble de la sous-région ouest-africaine.

« Si le Sahel va mal, les pays côtiers que nous sommes, du Nigeria jusqu’au Sénégal, iront mal. C’est pourquoi il faut le soutenir de manière inconditionnelle, parce que les pays de l’AES constituent une digue pour nous, les pays côtiers. Ils ne mènent pas cette lutte pour eux-mêmes ; en vérité, ils se battent pour les autres pays de la sous-région », a déclaré le chef de la diplomatie togolaise.
Cette déclaration met en évidence l’interdépendance sécuritaire entre les pays sahéliens et ceux du littoral ouest-africain, tout en donnant une dimension sous-régionale aux efforts engagés par les trois États membres de l’AES dans la lutte contre le terrorisme.
La déclaration est intervenue lors d’un événement parallèle de haut niveau organisé en marge de l’Assemblée générale de l’ONU par la délégation de l’espace confédéral. La rencontre a réuni plusieurs partenaires bilatéraux et multilatéraux, venus échanger directement avec les responsables de l’AES sur les évolutions politiques, sécuritaires et économiques dans les trois pays.
La délégation confédérale était conduite par le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, aux côtés des ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Mali et du Niger. La modération des échanges était assurée par le chef de la diplomatie burkinabè, Karamoko Jean-Marie Traoré.
Souveraineté et partenariats au cœur des échanges
Au cours des discussions, les représentants de l’AES ont défendu une approche de la paix et du développement fondée sur la souveraineté des États et la participation des populations.
Karamoko Jean-Marie Traoré a expliqué que la rencontre visait notamment à mieux faire connaître les initiatives entreprises par les trois pays et les résultats qu’ils revendiquent. Selon lui, certains partenaires internationaux restent encore insuffisamment informés de la dynamique en cours au sein de l’espace confédéral.
Le ministre burkinabè a également insisté sur la nécessité d’adapter les futurs partenariats à la vision de l’AES et aux politiques nationales définies par ses États membres.
Pour le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, cette ouverture au dialogue ne signifie pas un renoncement aux choix politiques des trois pays. « L’AES n’a pas été créée pour s’isoler ou s’opposer à une quelconque organisation », a-t-il déclaré, précisant que les États membres demeurent ouverts aux partenariats, notamment lorsque ceux-ci reposent sur le respect de leur souveraineté et la défense des intérêts de leurs populations.
Bamako interpelle la communauté internationale sur l’Ukraine
Dans son intervention, Abdoulaye Diop a également accordé une place importante à la situation en Ukraine. Le ministre malien a accusé Kiev d’apporter un soutien à des groupes terroristes opérant au Sahel et appelé la communauté internationale à réagir face à ce qu’il a qualifié d’attitude « irresponsable et inacceptable ».
Ces accusations, formulées par le chef de la diplomatie malienne, ont constitué l’un des principaux points de préoccupation sécuritaire soulevés par Bamako lors de la rencontre.
Appels au dialogue régional
Les autres interventions ont principalement porté sur la nécessité de maintenir le dialogue et de mieux prendre en compte les réalités propres aux États sahéliens.
Présent à la rencontre, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a salué l’approche souveraine, innovante et réaliste revendiquée par l’AES. « Cette organisation a fait son choix et on doit l’accompagner, sans donner de leçon », a-t-il déclaré.
De son côté, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Leonardo Santos Simão, a salué l’initiative et réaffirmé l’engagement de l’ONU aux côtés des trois pays. Il a également encouragé le dialogue entre l’AES et les autres organisations de la sous-région, estimant que les tensions entre les différents acteurs régionaux pourraient profiter aux groupes terroristes.
L’Envoyé spécial de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel, Mamadou Tangara, a, pour sa part, plaidé pour un dialogue franc et régulier. Il a souligné que les pays du Sahel « n’ont pas besoin de solutions formulées sans eux ».
Cette rencontre à New York aura ainsi permis aux responsables de l’AES de présenter leur vision de la coopération internationale, tout en réaffirmant leur volonté de défendre une approche fondée sur la souveraineté et le dialogue avec leurs partenaires.
Source :Bamako bamada
HAOUA SANGARÉ
LETJIKAN
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