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Affaire des groupes électrogènes défectueux d’EDM-SA : le fournisseur Adama Sanogo placé sous mandat de dépôt

Par Rédaction Tjikan ·

Alors que la fourniture d’électricité semble connaître une amélioration ces derniers temps, une ancienne affaire ayant fortement marqué l’opinion publique malienne refait surface. Il s’agit du dossier relatif à la livraison de groupes électrogènes défectueux à la société Énergie du Mali (EDM-SA), une affaire qui avait conduit, en janvier 2024, à l’arrestation et au placement sous mandat de dépôt de plusieurs responsables, dont un ancien ministre chargé de l’Énergie et des cadres de la société.

Affaire des groupes électrogènes défectueux d’EDM-SA : le fournisseur Adama Sanogo placé sous mandat de dépôt

Le principal fournisseur mis en cause dans ce dossier, Adama Sanogo, gérant de la société Case Construction, qui était en fuite depuis janvier 2024, aurait finalement décidé de se rendre à la justice malienne.

Selon une information publiée par notre confrère du journal Le Soft, dans son édition du vendredi 25 septembre 2026, Adama Sanogo, en provenance de Guinée, a regagné Bamako avant de se présenter devant la justice. Après son audition, il aurait été placé sous mandat de dépôt le jeudi 17 septembre 2026.

Plus de 6 milliards de FCFA mobilisés pour l’acquisition des groupes

L’affaire remonte à la période de forte crise énergétique que traversait le Mali. Face aux difficultés d’approvisionnement en électricité, d’importants moyens financiers avaient été mobilisés afin de permettre à EDM-SA d’acquérir rapidement de nouveaux équipements de production.

Au total, 6,269 milliards de FCFA avaient été mobilisés pour l’acquisition de 27 groupes électrogènes de marque Perkins, conçus pour être installés dans des conteneurs, ainsi que deux transformateurs.

Selon les éléments rapportés dans le dossier, l’opération devait permettre à EDM-SA de renforcer rapidement ses capacités de production. Il avait notamment été convenu que les groupes seraient acquis en Turquie, conformément à des caractéristiques techniques précises.

La procédure de passation du marché s’était effectuée par entente directe, sur la base de l’article 29 du contrat de concession du service public de l’électricité conclu entre l’État du Mali et EDM-SA. La société Case Construction avait ainsi été retenue pour fournir les équipements, sans recours à un appel d’offres public.

Les négociations auraient impliqué le directeur général d’EDM-SA de l’époque, son adjoint ainsi que deux représentants de Case Construction. Le contrat avait ensuite fait l’objet de plusieurs validations et obtenu différents avis de non-objection du conseil d’administration.

Des équipements non conformes aux spécifications

La société Case Construction, présentée comme un fournisseur habitué d’EDM-SA, est une SARL de droit malien au capital social d’un million de FCFA. Elle est enregistrée au registre du commerce et du crédit mobilier de Mopti et aurait son siège à Tombouctou. Son gérant est Adama Sanogo, domicilié à Bamako. L’entreprise est également présentée comme partenaire de GEN POWER GENERATOR, spécialisée dans la fourniture et l’installation de groupes électrogènes Perkins.

Sur les 27 groupes commandés, seuls 23 auraient finalement été livrés. Dès leur mise en service, plusieurs défaillances techniques auraient été constatées, notamment des échauffements excessifs, des pannes récurrentes et des performances largement inférieures aux caractéristiques contractuelles.

Une étude de performance aurait ainsi révélé que les groupes ne parvenaient, en moyenne, qu’à atteindre environ 40 % de leur puissance nominale. Aucun d’entre eux n’aurait été en mesure d’atteindre sa pleine capacité de production.

Face à ces difficultés, et sous l’impulsion de la ministre chargée de l’Énergie de l’époque, Bintou Camara, des mesures correctives avaient été envisagées lors d’une réunion tenue en juin 2023. Case Construction se serait alors engagée à remplacer les 13 premiers groupes défectueux, dont certains auraient subi des dommages lors des essais.

Une nouvelle livraison de dix groupes aurait ensuite été effectuée en octobre 2023, après des essais réalisés au Mali.

Des groupes acquis au Nigeria plutôt qu’en Turquie

Un autre élément important du dossier concerne l’origine des équipements. Alors que les groupes devaient être acquis en Turquie, les investigations auraient établi qu’ils avaient finalement été achetés au Nigeria.

Des écarts auraient également été relevés entre les caractéristiques des équipements livrés et celles prévues dans le contrat. Certains groupes auraient notamment affiché une puissance inférieure aux 1 000 kVA requis.

Face à ces nombreuses défaillances, la ministre Bintou Camara aurait demandé au fournisseur de récupérer les équipements défectueux, qualifiés de « ferraille ».

Plusieurs responsables placés sous mandat de dépôt en 2024

À la suite de ces événements, un audit aurait été commandité et ses conclusions transmises à la justice. Le Pôle économique et financier s’est alors saisi du dossier.

Le lundi 22 janvier 2024, plusieurs responsables avaient été interpellés puis placés sous mandat de dépôt. Parmi eux figuraient l’ancien ministre des Mines et de l’Énergie, Lamine Seydou Traoré, les anciens directeurs généraux d’EDM-SA Oumar Diarra et Koureissi Konaré, la secrétaire générale Amina Niane, le chef du département juridique Joseph Théra ainsi que l’ancien directeur de la production Ousmane Traoré.

Adama Sanogo, considéré comme l’un des principaux protagonistes du dossier, n’avait toutefois pas été interpellé à cette période, ayant quitté le Mali.

Le retour du principal fournisseur devant la justice

Son retour à Bamako et son placement sous mandat de dépôt viennent donc relancer un dossier qui avait suscité de nombreuses interrogations sur la gestion de l’acquisition et la conformité des équipements destinés à renforcer la production électrique nationale.

Son audition par la justice pourrait désormais permettre d’apporter des éléments supplémentaires sur les conditions de passation du marché, l’acquisition des groupes, leur acheminement, leur conformité aux spécifications contractuelles ainsi que les responsabilités des différents acteurs impliqués.

Après plusieurs années de procédure, l’arrivée d’Adama Sanogo devant la justice constitue ainsi une nouvelle étape dans cette affaire de groupes électrogènes défectueux, dont les conséquences avaient alimenté les préoccupations liées à la crise énergétique au Mali.

Source Bamako bamada

La rédaction

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