Ambassade du Mali au Caire : le BVG relève des irrégularités financières de plus de 625 millions de FCFA
Par Rédaction Tjikan ·
Le Bureau du Vérificateur Général (BVG) a publié les résultats d’une mission de vérification financière consacrée à la gestion de l’Ambassade du Mali au Caire, en République arabe d’Égypte. L’examen, qui couvre les exercices 2022 à 2025 ainsi que la période allant jusqu’au 31 mars 2026, fait état de plusieurs irrégularités financières et administratives.

Selon les conclusions du rapport, le montant total des irrégularités financières relevées s’élève à 625 938 181 FCFA. Les constats concernent notamment la gestion des dépenses, des recettes, des opérations de change ainsi que certains avantages accordés au personnel diplomatique.
Plus de 222 millions de FCFA de dépenses considérées comme fictives
Parmi les principales anomalies relevées figurent des dépenses qualifiées de fictives, pour un montant de 222 317 960 FCFA.
Le rapport fait notamment état de majorations de loyers sans fondement contractuel, représentant 51,19 millions de FCFA. Il relève également des frais d’hébergement pris en charge pour des agents qui, selon les vérificateurs, étaient logés gratuitement ou bénéficiaient déjà de dispositifs particuliers. Ces dépenses sont évaluées à 21,96 millions de FCFA.
La prise en charge des frais de scolarité constitue également un important volet des observations. Le BVG indique avoir identifié des paiements concernant des enfants de diplomates qui n’étaient pas inscrits dans des établissements scolaires en Égypte, ainsi que des montants supérieurs aux coûts effectivement supportés. Le montant concerné est estimé à 149,16 millions de FCFA.
Des gains de change de plus de 361 millions de FCFA non retracés
Le rapport met par ailleurs en évidence des anomalies liées aux opérations de change effectuées par l’Ambassade.
D’après les vérificateurs, des fonds retirés du compte en euros de la représentation diplomatique pour couvrir des dépenses en livres égyptiennes ont généré des écarts de change. Ces gains, estimés à 361 066 488 FCFA, n’auraient pas été enregistrés dans la comptabilité ni reversés au Trésor public, selon les conclusions du BVG.
Des avantages accordés au personnel sans base réglementaire
La gestion des avantages accordés aux agents de l’Ambassade figure également parmi les points soulevés par la mission de vérification.
Le BVG fait état d’environ 35 millions de FCFA de dépenses considérées comme indues. Elles comprennent notamment la prise en charge d’abonnements Internet à domicile et de cartes de recharge téléphonique, pour 8,64 millions de FCFA.
À cela s’ajoutent des paiements forfaitaires relatifs aux heures supplémentaires et aux prestations de garde, effectués, selon le rapport, sans pièces justificatives suffisantes. Le montant concerné est évalué à 26,34 millions de FCFA.
Des anomalies également relevées dans la gestion des recettes
Les recettes générées par les activités de la chancellerie n’échappent pas aux observations des vérificateurs.
Le rapport fait état de 3,81 millions de FCFA de recettes perçues mais non reversées. Il relève également une minoration de recettes provenant notamment de la délivrance de visas ordinaires et de la vente de timbres fiscaux, pour un montant de 667 199 FCFA.
Par ailleurs, des paiements indus au titre d’indemnités de déplacement sont estimés à 3,07 millions de FCFA.
Une gestion administrative également mise en cause
Au-delà des irrégularités financières, la mission du BVG a relevé plusieurs insuffisances dans le fonctionnement administratif et le dispositif de contrôle interne de l’Ambassade.
Le rapport s’intéresse notamment à la situation de l’ancien ambassadeur. Selon les constatations du BVG, alors que son décret de nomination avait été abrogé en juin 2025, celui-ci aurait continué à exercer les fonctions d’ordonnateur du budget et de chef de mission jusqu’à la fin novembre 2025.
Cette situation, souligne le rapport, aurait été contraire aux dispositions réglementaires relatives à l’intérim et à la transmission des responsabilités au responsable désigné pour assurer la continuité du service.
À travers cette mission, le BVG met ainsi en évidence des insuffisances touchant à la fois la régularité des dépenses, la gestion des recettes, les opérations de change et les mécanismes de contrôle interne de l’Ambassade du Mali au Caire.
Les conclusions publiées portent sur la période examinée par la mission et présentent les constatations du Bureau du Vérificateur Général concernant la gestion du poste diplomatique.
Source: Bamako bamada
La rédaction
LETJIKAN
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